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CLIMat et espaces URBainS (CLIMURBS)
 XVIe-début XXe siècle

Etude des impacts climatiques et des formes de résilience en milieux urbains dans l’histoire

          Equipe :

Responsable : Emmanuel Garnier, Maître de conférences d’histoire en délégation auprès du CEA et chercheur au CRHQ

Vincent MILLIOT, Professeur d’Université à Caen

Jérémy DESARTHE, doctorant boursier du CEA, rattaché au programme RENASEC (GIS Climat Environnement Société). Sous la direction de E Garnier et V Milliot.

Maria-Carmen GRAS, Master 2 (Le climat de l’Ile-de-France entre les XVIe et XVIIIe siècles). Sous la direction de E Garnier et V Milliot.

Elise HIRAM, Master 2 (Processions météorologiques dans l’espace méditerranéen XVIe-XIXe s » en collaboration avec l’Université de Barcelone)

Wilfried PITEL, Master 2 (Zones Humides et espaces urbains XVIe-XXe s)


Financeurs :

Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire
Centre National de la Recherche Scientifique

Durée :

30 mois apparaissent nécessaires pour mener à son terme l’enquête, sachant qu’elle reposera sur une phase de dépouillements conséquente d’une année minimum dans plusieurs fonds d’archives de France.

Axes de l'appel à propositions de recherche auquel le projet se rattache

Axe 1. Métabolismes urbains
Axe 2. L’environnement urbain comme milieu de vie
Axe 3. Les futurs de la ville, entre vulnérabilité et durabilité

 

Objectifs et contenu du programme :

La recherche proposée relève d’une problématique totalement neuve et transversale puisqu’elle concerne les trois axes retenus par le programme et qu’elle peut contribuer, certes modestement, à éclairer les questions posées récemment par le rapport Stern à propos du coût (économique, social et sanitaire) engendré par le Changement climatique. À n’en pas douter, elle pourrait représenter une excellente vitrine de l’apport du PIRVE au débat scientifique et politique actuel.

Traditionnellement associée au monde des campagnes, l’histoire du climat en France ignore totalement la ville, à la différence des écoles climatiques européennes qui ont en ont fait leur terrain de prédilection. Dans ces conditions, proposer une étude sur les impacts du climat sur les territoires urbains sur la longue durée relève d’un défi scientifique véritable et incontestablement pertinent dans la mesure où il s’agit bien d’un champ scientifique encore largement ouvert à la conquête. La présente contribution vise donc, à travers la présentation d’un riche corpus documentaire éminemment urbain (délibérations municipales, processions urbaines, livres de bourgeoisie), à réhabiliter la ville comme indicateur fiable et durable des tendances lourdes du climat et de ses extrêmes. Au-delà, elle envisage également une approche sociale et politique de l’aléa climatique en milieu urbain. Prenant en compte une quinzaine de sites urbains répartis sur l’ensemble du territoire métropolitain et représentatifs des grandes aires climatiques. L’étude veut élaborer des méthodes originales d’évaluation des impacts climatiques sur les espaces urbains forgées au contact des autres grands groupes de chercheurs européens (Berne, Freiburg, Sunderland, Barcelone et Pérouse) en élaborant, dans un premier temps, une base de données à partir de laquelle sera envisagé une quantification des événements en fonction de leur sévérité économique, sociale, politique et sanitaire.

Partant de ce constat, la recherche souhaite déboucher sur un certain nombre d’acquis scientifiques susceptibles de nourrir le débat actuel sur la durabilité des milieux urbains. Parmi ceux-ci figure la réalisation d’une chronologie fine des événements climatiques à partir du prisme urbain afin de déterminer s’ils augmentent en amplitude et en fréquence avec le « changement global » contemporain ainsi qu’un éclairage neuf sur leurs effets répliques dans les domaines socio-économiques (manifestations religieuses, disette, émeutes, etc.). Désireuse de considérer la ville dans son environnement global, l’étude attache une importance toute particulière aux paysages urbains anciens (écosystèmes, architecture), condition sine qua non à toute évaluation de leur plus ou moins grande résilience au cours des cinq derniers siècles. La prise en compte de la dimension humaine avec l’apparition de la notion de risque climatique et les formes de perceptions qui en découlent. Plus précisément, il s’agit d’étudier l’apparition du sentiment et des formes de vulnérabilité qui naissent au sein des communautés urbaines confrontées au climat et à ses excès.

L’étude se déroulera sur 30 mois, une année entière étant prévue pour les dépouillements à la fois denses et dispersés géographiquement. Une année supplémentaire sera consacrée à la normalisation et à la saisie de la base de données avec son prolongement cartographique tandis que les 6 derniers mois permettront d’effectuer les reconstructions cartographiques et statistiques ainsi que les modélisations.

Contact :  egarnier.cea-cnrs@orange.fr